Representation won't free us
The fight for representation, especially for Black people, has been ongoing for years. But is it as important as we make it to be?
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La version française est en bas:
Growing up, I loved (and still do) magazines like Mickey Parade, Minnie Mag et Super Picsou Géant that had comics featuring Mickey, Donald Duck and all their friends and family. Hell, I still collect them. And one of my favorite stories is one where Mickey goes to a town where the inhabitants are obsessed with marionettes. After much investigation, Mickey discovers that the locals are, instead, marionettes themselves pretending to be humans. I loved how poetic the story was and how the marionettes were doing a convincing job at pretending, thus fooling everyone.
I watched the film After the Hunt by Luca Guadagnino recently. I liked the film, which was well written, directed and the fashion was amazing. But (there’s always a but!) everytime the character played by Ayo Edibiri, talked about race, I was reminded of the marionettes from the Mickey story, but only worse. The character was behaving the way a white person who writes a Black character would think a Black person would act. It felt like, strangely enough, Black face in a Black body. Like a terrible performance of Blackness, because at their core, white writers are rarely able to write Black characters well and instead, write them as white people with Black skin. (And hence why I offer my sensitivity reader services for the ones who want to improve). And Black people can almost always tell when characters have been written by people who are not Black. I know I do.
On the top of my head, Ari Aster did a decent job in The Strange Things about the Johnsons, simply because the characters are Black and not much is said about race besides what is seen. Going color blind is probably the least terrible option for white writers. For me, writers can do whatever the hell they want but that’s what I’d advise.
Between 2016 and 2020, we witnessed a peak of representation politics. Black people and non Black people alike had the firm belief that Black people in high places would bring social changes. They demanded that people who care about social justice show it. WHite guilt was used as a currency and bargaining tool whatever people found reparation or justice meant to them.
Ever since race was invented, black people have been plagued in Western media mainly, with being either underrepresented or misrepresented. This is what Dr Mari Castañeda in The Power of (Mis)Representation: Why Racial and Ethnic Stereotypes in the Media Matter defines by misrepresentation: “Mass media stereotypes of Latinos, African Americans, Native Americans and Asian Americans tend to highlight racialized, classed, and sexist notions regarding their sexuality, sociability, intelligence, trustworthiness, and socio-economic standing. Meaning, these racial/ethnic groups are consistently represented in the media as hypersexual, violent, unintelligent, dishonest, and consistently poor. The characterization of these groups in these ways creates images and perceptions of who deserves cultural citizenship, to be part of the nation, to be counted as valuable and to merit recognition as a noteworthy contributor to society”.
While the paper focuses on the US, the examples apply to many European countries as well. In books, Black characters have been tokens (Mark Twain’s Adventures of Huckleberry Finn) , objectified (as in works such as Black girl/White girl by Joy Carol Oates), mamified (Gone with the wind) .
While representation allows readers to see themselves and their lived experiences, especially children, leading to Black people having more confidence and feeling like they can exist as their full selves, there are too many limitations. As a Black writer, I believe that representation should never be the goal, but a nice aside. The irony is not lost on me that a lot of the work I do with my writing workshops is helping Black and brown budding writers to write down the representation they desire. However, I believe that being a hypocrite doesn’t mean that my point doesn’t stand, and here is why:
To quote Stacie Lee Kong, “When those of us who belong to marginalized groups enter these privileged spaces, they can’t help but try to change us.”
Representation doesn’t make access easier. Seeing more Black and brown characters in books and films/tv doesn’t mean our material conditions are improving. Over the past years, especially in Film/TV, we’ve seen more reboots and franchises and IPs being revamped. I won’t write about how rebooting old IPs is terrible for the industry and writers, much has been said already about it. But to quote Ruha Benjamin: “Black faces in high spaces won’t save us”
Watching After the hunt was a reminder that just because we see people like us, doesn’t mean that it’s a positive or will bring change.
La répresentation dans les médias ne nous sauvera pas
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Enfant, j’adorais (et j’adore toujours) les magazines comme Mickey Parade, Minnie Mag et Super Picsou Géant, qui proposaient des bandes dessinées avec Mickey, Donald et toute leur famille et amis. D’ailleurs, je les collectionne toujours. L’une de mes histoires préférées est celle où Mickey arrive dans une ville dont les habitants sont obsédés par les marionnettes. Après de nombreuses recherches, Mickey découvre que les habitants sont en réalité des marionnettes qui se font passer pour des humains. J’adorais la poésie de cette histoire et la façon dont les marionnettes jouaient leur rôle avec tant de conviction, dupant ainsi tout le monde.
J’ai récemment vu le film « After the Hunt » de Luca Guadagnino. J’ai bien aimé le film : le scénario et la réalisation étaient excellents, et les costumes magnifiques. Mais (il y a toujours un mais !) chaque fois que le personnage interprété par Ayo Edibiri parlait de racisme, je repensais à la marionnette de l’histoire de Mickey, en pire. Le personnage se comportait comme l’idée qu’aurait un auteur blanc écrivant un personnage noir. Elle n’existait pas en tant que personne noire, mais l’idée qu’une personne blanche aurait d’une personne noire. C’était étrangement comme une caricature de l’identité noire mais dans un corps noir. Une piètre interprétation, car au fond, les auteurs blancs peinent souvent à bien écrire des personnages noirs. La plupart du temps, ils sont décris plutôt comme des Blancs à la peau noire. (C’est pourquoi je propose mes services de relecture sensible à ceux qui souhaitent s’améliorer). Et les personnes Noires savent souvent repérer quand les personnages écrits par des non-Noirs. C’est mon cas, en tout cas.
De mémoire, Ari Aster a fait un travail correct dans le film « The Strange Things about the Johnsons », tout simplement parce que les personnages sont noirs et n’abordent pas la race, que la question raciale est peu abordée, hormis ce qui est visible. Ecrire des personnages noirs dans un monde ou la race n’est pas abdordées est pour moi l’option qui limite le plus la casse, ou alors la moins pire pour les auteurs blancs. Pour moi, les auteurs sont libres de faire ce qu’ils veulent, mais il y a des conséquences.
Entre 2016 et 2020, nous avons assisté à un point culminant des politiques de représentation. Noirs et non-Noirs étaient fermement convaincus que la présence de Noirs à des postes importants engendrerait des changements sociaux. Ils exigeaient que ceux qui se soucient de la justice sociale le prouvent. La culpabilité blanche a été instrumentalisée, servant de monnaie d’échange pour influencer la conception que chacun se faisait du principe de réparation et de justice.
Depuis l’invention du concept de race, les personnes noires ont été victimes, dans les médias occidentaux, d’être sous-représentés ou d’être mal représentées. C’est ce que la docteure Mari Castañeda, dans son étude « Le pouvoir de la (dés)représentation : pourquoi les stéréotypes raciaux et ethniques dans les médias sont importants », définit par « représentation erronée » : « Les stéréotypes véhiculés par les médias de masse à l’égard des Latino-Américains, des Afro-Américains, des Amérindiens et des Américains d’origine asiatique tendent à mettre en avant des notions racialisées, de classe et sexistes concernant leur sexualité, leur sociabilité, leur intelligence, leur fiabilité et leur statut socio-économique. Autrement dit, ces groupes raciaux et ethniques sont systématiquement représentés dans les médias comme hypersexualisés, violents, stupides, malhonnêtes et perpétuellement pauvres. Cette caractérisation de ces groupes façonne des images et des perceptions de ceux qui méritent une citoyenneté culturelle, une place au sein de la nation, une valeur et une reconnaissance en tant que contributeurs importants à la société.»
En France, Sarah Ghelam a sorti une étude sur la répésentation des enfants non blancs en littérature jeunesse. L’étude de Carminella Biondi sur “Le personnage noir dans la littérature française:essai de synthèse minimale d’une aventure humaine et littéraire” demeure importante également plus de 26 ans après sa publication.
Bien que l’étude de Mari Castañeda se concentre sur les États-Unis, les exemples sont également pertinents pour de nombreux pays européens. Dans les romans, les personnages noirs ont été réduits à des stéréotypes (Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, Bug-Jargal de Victor Hugo), objectifiés (comme dans des œuvres telles que Black Girl/White Girl de Joy Carol Oates), et réduits à des stéréotypes de la mamma (ou “mammy”) (Autant en emporte le vent).
Si la représentation permet aux lecteurs de se reconnaître et de partager leurs expériences vécues, notamment celles des enfants, contribuant ainsi à renforcer la confiance en soi des personnes noires et à leur permettre de s’affirmer pleinement, je pense, en tant qu’écrivain.e noir<;e, que la représentation ne devrait jamais être une fin en soi, mais un supplément. L’ironie de la situation ne m’échappe pas : une grande partie de mon travail lors de mes ateliers d’écriture consiste à aider de jeunes auteurs noirs et métis à coucher sur le papier les histoires qui gemrent en eux, à créer des personnages qui leur ressemblent. Cependant, je crois que cette contradiction ne remet pas en cause la pertinence de mon propos, et voici pourquoi :
Pour reprendre les mots de Stacie Lee Kong : « Lorsque nous, membres de groupes marginalisés, entrons dans ces espaces privilégiés, on ne peut s’empêcher de chercher à nous changer. »
La représentation ne facilite pas l’accès. Voir davantage de personnages noirs et métis dans les livres, les films et les séries télévisées ne signifie pas que nos conditions de vie s’améliorent. Ces dernières années, notamment au cinéma et à la télévision, nous avons assisté à une multiplication des remakes, des franchises et des réinterprétations de propriétés intellectuelles. Je ne m’étendrai pas sur les méfaits des remakes pour l’industrie et les scénaristes, le sujet a déjà été largement abordé. Mais pour reprendre les mots de Ruha Benjamin “Les personnes noires hauts placés ne nous sauveront pas. »
Le film « After the Hunt » nous a rappelé que la simple présence de personnes qui nous ressemblent ne signifie pas nécessairement que c’est un progrès ou que cela entraînera un changement.

